Copper COPPER
Plat national

Quel est le plat national de la Suisse ?

La Suisse n’a pas de plat national officiel, mais le plus souvent cité est la fondue au fromage : du gruyère et d’autres fromages fondus au vin blanc dans un caquelon commun, où l’on trempe du pain piqué sur de longues fourchettes. L’Union suisse du fromage l’a promue comme plat national dès les années 1930. Les rösti et la raclette sont les deux autres plats habituellement cités.

Mis à jour 2026-10-125 min de lecture

Fondue au fromage

Pourquoi la Suisse a trois réponses

La cuisine suisse mêle plats nationaux, régionaux et locaux, et aucune loi ne désigne de plat national. Les listes de référence donnent plutôt une poignée de plats phares : fondue, raclette, rösti et muesli, le cervelas étant souvent appelé la saucisse nationale.

La fondue est la plus souvent mise en avant. Ce statut a été construit à dessein : l’Union suisse du fromage, organisme de la filière fromagère, l’a promue comme plat national dès les années 1930 pour vendre plus de fromage. C’est un symbole national par la campagne et l’habitude, pas par décret.

On donne parfois aussi ce titre à l’émincé de veau à la zurichoise (Zürcher Geschnetzeltes), de fines lanières de veau dans une sauce à la crème et au vin blanc, venu du canton de Zurich et attesté pour la première fois par écrit dans les années 1940.

Que contient une fondue suisse ?

Du fromage, du vin blanc, un amidon pour lier le tout, de l’ail et souvent du kirsch. Notre recette de fondue au fromage est la *moitié-moitié* fribourgeoise : 400 g de Gruyère AOP et 400 g de Vacherin Fribourgeois AOP, soit 200 g de fromage par personne, fondus dans 300 ml de vin blanc sec, du chasselas par exemple.

On frotte d’abord le caquelon à l’ail. Le fromage y entre par poignées, en remuant en huit pendant une dizaine de minutes, sans laisser bouillir, sinon il se sépare. On lie ensuite avec 2 cuillères à soupe de fécule de maïs délayée dans le kirsch. La fécule de maïs n’est arrivée en Suisse qu’en 1905, et elle a rendu bien plus facile une fondue lisse et stable.

Les convives trempent des cubes de pain rassis d’un jour, chacun avec un peu de croûte, et remuent à chaque passage. La croûte dorée qui reste au fond, *la religieuse*, est décollée et partagée à la fin.

La proportion classique est d’environ deux parts de fromage pour une de vin, en poids. Maintenue vers 65 °C, la fondue reste lisse sans brûler. Une règle de table courante : qui perd son pain dans le caquelon paie une tournée ou chante une chanson.

Comment la fondue est devenue le plat national

Le fromage fondu au vin est ancien : un texte zurichois de la fin du XVIIe siècle, intitulé *Käss mit Wein zu kochen* (« cuire du fromage avec du vin »), le décrit déjà. La première recette de la fondue moderne sous ce nom, avec fromage et vin mais sans œufs, a été publiée en 1875, et elle était déjà présentée comme un plat national suisse.

C’était alors un plat des villes de Suisse romande, car le bon gruyère était un produit d’exportation que les paysans pouvaient rarement s’offrir. L’Union suisse du fromage en a fait une habitude nationale : elle a présenté la fondue à l’Exposition universelle de New York en 1939, envoyé des services à fondue aux régiments de l’armée après la Seconde Guerre mondiale, et lancé en 1981 le slogan *Fondue isch guet und git e gueti Luune* (« la fondue, c’est bon et ça met de bonne humeur »). L’Union a été dissoute en 1999, mais la fondue est restée un symbole de l’unité suisse.

Rösti et raclette, les deux autres candidats

Les rösti sont nés comme petit-déjeuner paysan dans le canton de Berne et une partie de celui de Fribourg, et beaucoup de Suisses les tiennent pour leur plat national. Ils sont si liés à la Suisse alémanique que la frontière culturelle avec la Suisse romande s’appelle le *Röstigraben*, le « fossé des rösti ». Dans notre recette de rösti, des pommes de terre à chair ferme sont cuites en robe des champs, refroidies une nuit, râpées en longs filaments sans être rincées, puis dorées au beurre une quinzaine de minutes, retournées et dorées encore 10 à 15 minutes.

En plat principal, les rösti se servent souvent avec un œuf au plat et des épinards, ou avec un cervelas ou du Fleischkäse. C’est aussi l’accompagnement habituel de l’émincé à la zurichoise.

La raclette vient du Valais. On chauffe une demi-meule sur sa face coupée et on racle la couche fondue dans l’assiette, à côté de pommes de terre en robe des champs, avec des cornichons et de la viande séchée. Elle a été présentée comme plat national valaisan à l’exposition cantonale de Sion en 1909, puis s’est répandue dans tout le pays après l’Exposition nationale de 1964. Notre recette de raclette couvre la méthode à la demi-meule comme l’appareil de table.

Faire fondre du fromage au feu est une vieille pratique alpine : les vachers montaient du fromage à l’alpage, le ramollissaient le soir près du feu et le raclaient sur du pain. En Valais, la pratique est attestée dès 1574, et le mot raclette, de *racler*, est d’usage courant depuis 1875.

Contrairement aux rösti, fondue et raclette ne sont pas des plats du quotidien mais des repas de convivialité, surtout mangés par temps froid.

D’autres plats suisses à connaître

Le muesli est suisse lui aussi. Le nutritionniste Max Bircher-Benner l’a créé au début du XXe siècle comme repas du soir pour les patients de son sanatorium, et il s’est répandu dans le pays après la Seconde Guerre mondiale, aidé par les cours de cuisine ménagère et les cuisines de l’armée.

Toutes les recettes suisses, des plats de fromage de montagne aux assiettes de pommes de terre de tous les jours, sont sur notre page consacrée à la cuisine suisse. Pour la région, voyez notre guide de la cuisine d’Europe de l’Ouest.

La fondue a une rivale française : la Savoie la revendique aussi, sous le nom de *fondue savoyarde*. Et la tradition suisse des *spätzli* se prolonge de l’autre côté de la frontière orientale, dans les nouilles au fromage du Vorarlberg, présentées dans notre article sur le plat national de l’Autriche.

Les recettes

Les questions qu’on se pose

La fondue est-elle suisse ou savoyarde ?

Les deux la revendiquent : la Suisse comme la Savoie disent qu’elle est née chez elles. Elle reste surtout associée à la Suisse, où la plus ancienne recette de fromage au vin vient d’un texte zurichois de la fin du XVIIe siècle.

Quelle différence entre fondue et raclette ?

Dans la fondue, le fromage fond avec du vin dans un caquelon commun et l’on y trempe du pain. Dans la raclette, on chauffe un bloc de fromage et on racle la surface fondue dans son assiette, sur des pommes de terre cuites à l’eau.

Quel vin mettre dans la fondue ?

Un vin blanc sec, comme le chasselas, qui va dans le caquelon avec le fromage. Que boire avec la fondue est un vieux débat en Suisse.

Comment prononce-t-on rösti ?

À peu près « reuchti » en suisse allemand, avec un « ö » arrondi.

Qu’est-ce que la religieuse dans la fondue ?

C’est la fine couche de fromage grillé qui se forme au fond du caquelon en fin de repas. Elle a la texture d’un biscuit sec et se partage à table.

À lire aussi

Sources

  1. Fondue — Wikipedia
  2. Swiss cuisine — Wikipedia
  3. National dish — Wikipedia
  4. Käsefondue — Wikipedia (allemand)
  5. Rösti — Wikipedia
  6. Raclette — Wikipedia

Télécharger

← Tous les articles