Quel est le plat national du Gabon ?
Le plat national du Gabon est le poulet nyembwe : du poulet fumé mijoté dans le nyembwe, une sauce épaisse tirée de la pulpe de noix de palme bouillies, servi avec du manioc, de la banane plantain bouillie ou du riz. Le nom vient du mot myènè qui désigne l’huile de palme. Aucune loi ne le rend officiel, mais les sources gabonaises et internationales l’appellent toutes plat national.
Qu’est-ce que le poulet nyembwe ?
Le nyembwe, c’est la sauce ; le poulet, la viande. La sauce se fait avec la pulpe du fruit du palmier à huile, pas avec de l’huile de palme en bouteille : les noix sont bouillies, pilées et malaxées dans l’eau tiède, et le liquide orange épais qu’on filtre, c’est le nyembwe. Le mot veut dire huile de palme en myènè, l’une des langues du Gabon.
Le poulet est en général fumé avant d’aller dans la marmite, et c’est ce qui distingue la version gabonaise. Wikipédia en français mentionne des versions à la dinde fumée, à d’autres viandes ou au poisson. Le plat vient du peuple myènè, et Wikipédia le rattache plus précisément aux Nkomi de la province de l’Ogooué-Maritime.
Est-ce officiellement le plat national ?
Il n’existe ni loi ni décret. Mais le titre ne varie pas : le magazine *Gabon* appelait le poulet nyembwe « le plat national du Gabon » en 2007, Wikipédia le donne comme plat national du Gabon en anglais comme en français, et l’article français sur la cuisine gabonaise en fait le plat national *par excellence*. Wikipédia cite plusieurs plats mangés dans tout le pays, feuilles de manioc, nkumu, odika, boulette de banane plantain et nyembwe, et désigne le nyembwe comme le plat national.
Comment on prépare le nyembwe
Notre recette de nyembwe commence par 1 kg de noix de palme fraîches bouillies 40 minutes, pilées au mortier, malaxées dans l’eau tiède puis filtrées. Hors d’Afrique centrale, on les remplace par 400 g de pulpe de noix de palme en conserve, vendue sous le nom de sauce graine ou noix de palme.
La pulpe est délayée au fouet dans 500 ml d’eau et mijote 20 minutes, jusqu’à ce que l’huile remonte en surface, orange. Dans une autre casserole, un oignon émincé et trois gousses d’ail fondent 6 à 8 minutes dans 2 cuillères à soupe d’huile de palme rouge, et le poulet fumé désossé y colore 5 minutes.
Le tout rejoint la sauce de palme avec un piment entier et une cuillère à café de sel pour 20 à 30 minutes, jusqu’à ce que la sauce nappe la cuillère. Une règle compte : pas de tomate. Elle ferait du nyembwe un autre ragoût.
Nyembwe, moambe, moamba : une même famille
La même crème de palme s’appelle moambe dans les deux Congo et moamba en Angola, et le poulet qu’on y cuit est cité comme plat national dans chacun de ces pays. Pour la version congolaise, lisez notre article sur le plat national de la RD Congo. Ce qui distingue la version gabonaise, c’est le poulet fumé et l’absence de tomate.
Avec quoi sert-on le poulet nyembwe ?
Le nyembwe va toujours avec un féculent, et le foufou ne se mange jamais seul. Cuire à la vapeur plutôt qu’à l’eau compte : les morceaux bouillis se gorgent d’eau et la pâte ne se tient jamais. Un mixeur donne une purée, jamais la texture élastique du mortier.
- Foufou : manioc et banane plantain verte cuits ensemble à la vapeur environ 30 minutes, puis pilés au mortier en bois 10 à 15 minutes, jusqu’à devenir brillants et élastiques.
- Bâton de manioc : manioc fermenté cuit dans des feuilles, préparé à leur façon par les Téké, les Fang, les Myènè, les Obamba et les Nzebi.
- Banane plantain bouillie ou ditouka, une boule de banane plantain pilée.
- Riz blanc.
D’autres plats gabonais à connaître
Sur la côte, le poisson passe en premier. Notre soupe de poisson est un bouillon où le poisson fait lui-même son fond : dorade coupée en tronçons, aubergines africaines blanches et amères, gombos et piments entiers, avec un seul verre d’eau, cuits 30 minutes à couvert et secoués par les anses plutôt que remués. Ni huile d’olive ni fumet : l’huile d’arachide, le poisson et les légumes font le bouillon.
Les feuilles de manioc sont l’autre plat qu’on trouve partout, cuisinées différemment par chaque peuple : selon Wikipédia, les Fang y ajoutent du sucre avec l’huile de palme, les Bakota les cuisent à la vapeur dans des feuilles de bananier, et les Bapunu à l’huile de palme ou d’arachide avec du poisson ou de la viande fumés. Dans le Haut-Ogooué, les Téké, les Obamba et les Ndumu cuisinent le nkumu, les feuilles finement coupées d’une liane sauvage de la forêt, mangé le plus souvent avec le bâton de manioc.
Le Gabon cuisine aussi avec l’odika, parfois appelé chocolat indigène : des graines grillées et pilées encore chaudes en un pain qu’on râpe dans les sauces, par exemple sur du poulet fumé. La plupart des peuples l’utilisent, mais surtout les Myènè, ceux-là mêmes qui ont donné au pays le nyembwe.
Chaque province a ses spécialités. Dans l’Estuaire, autour de Libreville, les Mpongwè cuisinent des crabes farcis appelés mambo ; dans l’Ogooué-Maritime, les Nkomi et les Orungu préparent le porc-épic sauce odika et les sardines fraîches ou fumées. Les trois recettes sont sur notre page consacrée à la cuisine gabonaise, et les cuisines voisines dans notre guide de la cuisine d’Afrique centrale.
Les recettes
Les questions qu’on se pose
Que veut dire nyembwe ?
Nyembwe veut dire huile de palme en myènè, une langue du Gabon. En cuisine, le mot désigne la sauce épaisse tirée de la pulpe des noix de palme bouillies.
Le poulet nyembwe et le poulet à la moambe, c’est la même chose ?
Ils sont de la même famille : du poulet cuit dans la pulpe de noix de palme. La version gabonaise se fait le plus souvent au poulet fumé et sans tomate.
Le nyembwe se fait-il avec de l’huile de palme ?
Surtout avec de la pulpe de noix de palme, fraîche ou en conserve ; un peu d’huile de palme rouge sert à faire fondre les oignons. L’huile de palme seule ne donne pas sa texture au plat.
Avec quoi mange-t-on le poulet nyembwe ?
Avec du manioc (foufou ou bâton de manioc), de la banane plantain bouillie, du ditouka ou du riz blanc.
D’où vient le poulet nyembwe ?
Du peuple myènè, et Wikipédia le rattache aux Nkomi de la province de l’Ogooué-Maritime. On le mange aujourd’hui dans tout le pays.
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